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Littérature ivoirienne

En compagnie des hommes, Véronique Tadjo

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Dès que le livre est sorti, j’ai été impatiente de découvrir cette nouveauté de Véronique Tadjo. Si vous me suivez, vous devriez savoir que c’est mon écrivaine préférée. C’est donc avec joie que je l’ai reçue en ma qualité d’ambassadrice de Vallesse Editions. C’est à cet éditeur que nous devons cette édition destinée à la Côte d’Ivoire.

Lorsque j’ouvre le livre, je suis loin d’imaginer ce qui m’attend : des montagnes russes.
Véronique Tadjo donne la parole, elle fait parler, elle fusionne les espaces. Les humains expliquent, les animaux parlent, l’arbre défend. En compagnie des hommes présente ébola dans son expression la plus hideuse. Brève mais trop longue parce que tragédie.

Là où tout commence…

Des adolescents qui dévorent une chauve-souris capturée dans la brousse et c’est le chaos. Ce chaos chacun le raconte comme il en a été témoin ou l’a vécu. Horreur !! ça n’en finit pas. L’auteure pousse loin les limites du supportable. On a mal, mais impossible de décrocher.

Personnel de santé, patients, enfants, femmes, jeunes et vieux, tout le monde a subit le courroux ravageur de ce tueur invisible. Les façons de vivre sont modifiées et la mort est déchaînée.
Une légende en Côte d’Ivoire dit que les souris nous mordent la nuit et c’est vraiment douloureux. Sauf qu’on ne le sens qu’une fois la morsure passée parce que l’animal a un complice qui souffle sur la plaie pendant que la criminelle accomplit sa besogne. C’est vraiment comme ça que j’ai ressenti la lecture de ce livre.Véronique Tadjo a une particularité : dire des choses profondes mais en toute simplicité. Je vous invite à voir la page 52, le dernier paragraphe (voir en image). C’est ce qui me touche avec sa plume.

L’homme à la barre

Après avoir semé la mort, Ebola se permet le toupet de nous juger. Mais comment lui en vouloir quand de ses propos, il ne découle que la vérité. Finalement l’Homme et Ebola ont été deux ennemis de l’humanité. Pour l’un, aucun remède n’a été trouvé, et il en est de même pour l’autre.

A sa suite, la chauve-souris se dédouane dans un doux plaidoyer. L’arbre, le grand baobab quant à lui se fait plus conciliant. Il n’accuse pas l’homme, mais compatit et nous trouve des fenêtres d’espoir. Il se tient à nos côtés et ne compte pas nous abandonner au plus fort du traumatisme.

Quand on finit de lire, on est contraint de se poser des questions et remettre sa façon de vivre en question.
En compagnie des hommes est une analyse brulante de clairvoyance et de vision. Une claque qui remet notre humanité bien en place. Brillant !

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