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RECO LECTURE

Le tremblement, Chimamanda Ngozi Adichie

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Le Tremblement est paru le 14 mars 2019 aux éditions Gallimard (collection Folio 2euros). 96 pages. Les thèmes abordés dans ce livre n’ont pas l’air liés mais on ne tarde pas à réaliser que si, finalement. Entre attente déçue, amour à l’épreuve de la distance, homosexualité, Chimamanda nous relate des histoires ordinaires. Les personnages ne présentent rien d’exceptionnel, et vivent des instants que nous rencontrons quasiment tous. La force des sentiments qui les étreint nous ramène au visage nos propres peurs, nos limites personnelles. Nous ne maîtrisons que trop rarement les choses et c’est humain que de le réaliser.

La première nouvelle, Lundi de la semaine dernière présente un couple que la distance a fini par séparer. La femme découvre qu’elle aime une autre personne et espère que leur deux cœurs se rencontrent sauf que… les choses ne se passeront pas comme voulues. La seconde nouvelle, Le tremblement débute avec un crash d’avion. Ukamaka, personnage principal espère que l’homme, l’ex, qu’elle continue d’aimer, n’y aura pas laissé la vie. Elle sera soutenue dans cette attente par un voisin plutôt particulier.

Les deux nouvelles paraissent banales à première vue. J’ai dû être patiente avant de trouver un intérêt à lire ce petit livre. Pour sûr, il bouscule les croyances et les conforts religieux. Précisément, ceux des adeptes de la bible. Les esprits à cheval sur les interdits ont de quoi se sentir tout sauf à leur aise. J’y ai, entrevu, un appel à la tolérance, à l’acceptation du « pécheur » que défendait Jésus, en son temps. Aux plus radicaux qui ne l’entendraient pas de cette oreille, on est tenté de demander, à l’instar de Christine Pedotti « Qu’avez vous fait de Jésus ? » (Albin Michel, 180 pages, Janvier 2019). Ou simplement, que valent ses enseignements pour vous aujourd’hui ?

Tel qu’abordé par Chimamanda, l’homosexualité n’a rien de dramatique, ni de criminel (comme c’est le cas encore dans certains Etats notamment le Nigéria).

On est littéralement agacé par une Ukamaka dont le monde tourne désespérément autour d’un amour perdu qui lui n’en a pas grand chose à faire. Elle est dépendante de l’attention et de l’approbation des autres qu’elle n’hésite pas à quémander. C’est presque le même sort réservé à Adamma dont l’amour s’est détourné de son époux, dilué par la distance. Dans les deux cas de figure, la déception pointe son nez !

Je ne sais pas qui de l’éditeur Gallimard ou de la traductrice Mona de Pracontal, celui qui pourrait endosser la responsabilité du mot  »cuillère », écrit plus de 4 fois sans « e ».

Par ailleurs, je ne suis pas étonnée que l’auteur ait extrait ces deux nouvelles de son livre Autour de ton cou (Gallimard, janvier 2013) pour en faire « Le tremblement ». Ils méritent amplement qu’on s’y attarde tant les thèmes sont d’actualité.

L’auteure d’Americanah ne manque pas de toucher la passion et la possessivité qui semble régner entre les couples homosexuels. De nombreux drames au milieu d’eux sont des crimes passionnels, dans les films ou même dans la vraie vie. Comme si entre eux, l’amour était plus intense et même plus violent qu’entre les hétérosexuels.

Chimamnda Ngozi Adichie est d’origine Nigériane. Auteure d’Américanah, et de nombreuses autres œuvres, elle est une figure importante du féminisme au XXIè siècle. Elle vit entre Lagos et Chicago. Chimamanda a reçu plusieurs récompenses dont le prix du meilleur premier roman du Commonwealth, pour L’Hibiscus pourpre paru en 2005.

J’ai pris plaisir à lire cette oeuvre et vous la recommande.

Vanessa ALABI

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