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SOIF, Amélie Nothomb

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J’avais déjà entendu parler de l’auteure sans l’avoir jamais lue. Il y a quelques temps, j’ai découvert une interview dans laquelle elle parlait avec engagement de « son Jésus ». Celui sur qui elle a mis longtemps, et a éprouvé beaucoup de difficulté à écrire. Ce tombeur… il n’aura pas fallu plus pour que je cours à la découverte de soif. C’est le même livre qui a manqué le prix Goncourt en 2019.

Paru chez Albin Michel, Soif raconte le messie de la bible, l’homme qu’il a été avec une touche de sarcasme et d’humour noir. L’envoyé et fils de Dieu, fait chair aura sous la plume de Nothomb ressenti l’amour charnel et le mépris pour ses bourreaux. Il n’a pas boudé les plaisirs simples et élémentaires de la condition humaine. Pour une fois, inédite, il raconte l’avant, le déroulement et l’après de sa crucifixion. Il prend soin de rectifier certains actes et propos qu’on lui a attribués depuis des siècles.

« Je précise ces points parce que c’est ce qui sera écrit dans les évangiles. Pourquoi ? je l’ignore, les évangélistes n’étaient pas à côté de moi quand cela s’est produit. Et quoi qu’on ait pu dire, ils ne me connaissaient pas. Je ne leur en veux pas mais rien n’est plus irritant que ces gens qui sous prétexte qu’ils vous aiment, prétendent vous connaître par cœur. » Page 85. Oui oui, c’est Jésus version Amélie Nothomb qui parle.

L’auteure belge a admis que ce livre aura été particulièrement difficile à écrire. Ce que je trouve notable dans cette œuvre c’est le fait d’exalter des faits du quotidien qui nous paraissent tout à fait banales. « Pour éprouver la soif, il faut être vivant. » c’est trop souvent qu’on l’oublie.

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Face à la souffrance, l’humanité du fils de Dieu s’est révélée plus intense. Il se laisse aller à ce qu’on pourrait qualifier, certainement à tort, de blasphèmes. En cela, il devient le miroir par excellence de la nature humaine. Et contrairement à son délire, qu’on ne se tromperait pas à attribuer au martyre qu’il a subi, Dieu ne s’est pas trompé. Faire de lui un homme à 100% autant qu’un dieu, est une belle prouesse pour être qui « n’a jamais eu de corps » (il fait référence à Dieu le père). Amélie Nothomb va plus loin. Jésus n’est pas seulement tombé amoureux, il a même connu le coup de foudre pour une autre femme que celle qu’il aimait. Un peu infidèle donc.

Faire parler Jésus, le présenter comme un être humain à part entière avec son lot d’imperfections c’est un projet audacieux de l’auteure mais tout aussi inabouti. Si cette entreprise d’Amélie Nothomb s’était étendue à d’autres aspects de la vie du messie, je l’aurais qualifié sans aucun pincement de grandiose. Mais c’est certainement un parti pris.

L’idée est bonne mais n’est restée qu’au stade d’intention. Les réflexions philosophiques sont bien tentées mais manquent cruellement de consistance et de profondeur. Pour ma part, les dernières pages du livre ont été expédiées. L’enthousiasme du début s’effritent à mesure que les pages se tournent.

Fabienne Claire Nothomb est originaire de la Belgique. Depuis 1992, l’auteure écrit un roman par an. Ce sont presque toujours de grands succès auprès du public. Elle attache une réelle importance au retour que lui font ses lecteurs. Deux de ses parutions ont été adaptées à l’écran dont “Stupeur et tremblement” qui remporte aussi le grand prix roman de l’académie française.

1 Comment

  • vanessa alabi
    8 avril 2020 at 12:18

    Thanks you. Thanks for following.

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